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20 décembre 2022

Suivi hebdo du 12 au 16 décembre : un accord de l’Union européenne plafonne les prix de gros du gaz à 180 €/MWh

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Suivi-hebdo-marche-energie

Électricité

Graphique évolution électricité

 

Le BL CAL 2023 a ouvert lundi 12 décembre 2022 au prix de 434 €/MWh pour fermer vendredi 16 décembre à 338 €/MWh, soit une baisse de 22,12 %.

Court-terme : la semaine dernière a cristallisé les tensions sur la capacité du système électrique à maintenir de bonnes conditions d’approvisionnement et de stabilité. Le « prix de la peur », payé les dernières semaines avant l’arrivée des températures réellement froides dans un contexte de disponibilité nucléaire dégradée, semble finalement s’éloigner à mesure que les cartes s’ouvrent pour les prochaines semaines. Les 41 GW de production nucléaire atteintes couplées à des perspectives désormais plus détendues concernant le retour de températures au niveau des normales voire au-dessus, achèvent de stabiliser les prix et d’engager depuis la fin de semaine dernière une dynamique baissière forte, portée par un prix journalier en baisse notable. Si le courant de la première quinzaine émargeait au-dessus des 400 €/MWh, le prix spot day-ahead électricité rejoint désormais les 200 €/MWh atteints la dernière fois à la fin novembre. Ce phénomène risque grandement de se prolonger notamment à l’arrivée des congés de Noël, synonyme de baisses de consommation, notamment dans le secteur industriel. Cette image positive reste cependant teintée d’incertitudes toujours présentes puisque de nouvelles annonces sur la maintenance du parc nucléaire semblent éloigner la perspective de recouvrer les 58 GW de production nucléaire annoncée début septembre et finalement ne se profiler que sur un pic à 50 GW début février, mois traditionnellement le plus froid de l’année.

Long-terme : poussée par les perspectives positives sur les marchés courts-terme, la prime de risque emmagasinée par le marché notamment sur la période du premier trimestre 2023 se résorbe rapidement et la cotation Cal2023 cède largement du terrain à 350 €/MWh, un niveau plus constaté depuis le 1er juillet 2022 et semble désormais se diriger vers le palier des 300 €/MWh que le marché avait connu durant une longue période au printemps de cette année juste après le déclenchement de la guerre en Ukraine. La cotation Cal2024 revient quant à elle sur un niveau toujours très robuste aux 270 €/MWh dans l’attente de plus d’éléments concernant la sortie d’hiver et les impacts de l’augmentation des prix sur la consommation européenne, notamment au niveau industriel. Cal2025 tente une incursion vers les 170 €/MWh, point bas du deuxième semestre de cette année, mais pour le moment sans décrochage réel.
Un contexte positif donc mais qui sera difficile à accepter par les consommateurs alors que ces derniers ont pour la plupart contractualisé les six derniers mois dans un contexte de tensions qui semble finalement se résorber peu à peu en cette fin d’année.

Tableau évolution électricité

Gaz

Graphique évolution gaz

 

Le prix TTF CAL 2023 a ouvert lundi 12 décembre 2022 au prix de 140,035 €/MWh pour fermer vendredi 16 décembre à 117,04 €/MWh, soit une baisse de 16,42 %.

[NDLR : nous enrichissons notre note de marché avec l’évolution hebdomadaire du prix PEG puisque ce dernier est actuellement plus intéressant que le TTF]

Le prix PEG CAL 2023 a ouvert lundi 12 décembre 2022 au prix de 132,695 €/MWh pour fermer vendredi 16 décembre à 109,575 €/MWh, soit une baisse de 17,42 %.

Court-terme : après une semaine stabilisée à la marque des 120-140 €/MWh, le journalier gaz cède peu à peu du terrain en sortie de la période froide pour venir se stabiliser sous la marque des 100 €/MWh alors que la Commission européenne annonce cette semaine la mise en place d’un plafonnement des prix du Mois+1 à 180 €/MWh. La nouvelle est donc accueillie dans un contexte en détente sur les marchés physiques au jour le jour mais donc le plancher à 90 €/MWh sera sans doute difficile à percer sur le court-terme. Les stockages de gaz naturel restent à un niveau élevé par rapport à l’historique des dernières années à la même période (88 %) mais en baisse relativement marquée notamment sur la semaine dernière. Les perspectives climatiques des prochaines semaines associées à des réserves encore généreuses écartent les perspectives d’un mois de janvier voire février en tension pour reporter les craintes sur les mois de mars et avril en cas de températures froides tardives.

Long-terme : la cotation Cal 2023 cède du terrain pour rejoindre lentement le niveau des 100 €/MWh en baisse de 40 €/MWh en l’espace de 13 jours. Même image côté gaz Cal2024 qui tente de forcer le plus bas aux 85 €/MWh atteints le 11 novembre dernier alors que la détente est plus mesurée sur le Cal2025 qui revient se positionner légèrement au-dessus des 60 €/MWh.

Tableau évolution gaz

Drivers

Drivers

Les faits marquants de la semaine

Un accord de l’Union européenne plafonne les prix de gros du gaz à 180 €/MWh

Les actualités de la semaine dernière se concentrent sur :

  • Gaz : un accord de l’Union européenne plafonne les prix de gros à 180 €/MWh ;
  • Réforme du marché européen de l’électricité : la France souhaite profiter de son avantage nucléaire ;
  • La consommation de gaz a baissé de 17 % par rapport à 2018 ;
  • Le Parlement européen facilite l’installation de projets d’énergie renouvelable.

Voici les faits qui ont marqué la semaine du 12 au 16 décembre, ainsi que le tout début de cette semaine bonne lecture.

 

Un accord de l’Union européenne plafonne les prix à 180 €/MWh

Lundi 19 décembre, les ministres européens de l’Énergie ont, après de nombreuses discussions finalisé un plafonnement du prix de gros du gaz à 180 €/MWh. Ce mécanisme de plafonnement, adopté par les 27  ne sera activé qu’à un niveau de prix supérieur d’au moins 35 euros au prix international moyen du Gaz Naturel Liquéfié (GNL).

De son côté, la France souhaitait un plafonnement dans une fourchette de 160 à 200 euros. Les trois objectifs de ce plafonnement sont :

1- Avoir un prix du gaz qui soit acceptable pour le bon fonctionnement de l’économie ;

2- Garantir le non blocage de nos approvisionnements ;

3- Assurer la stabilité des marchés financiers.

Réforme du marché européen de l’électricité : la France souhaite profiter de son avantage nucléaire

Dans les prochains jours, Bruxelles doit publier un document qui sera ensuite soumis à la consultation pour poser les base de la réforme dont l’objet est de faire baisser les prix pour les consommateurs. Deux objectifs en réalité : le premier est d’envoyer les bons signaux pour investir à long terme sur des capacités de production décarbonées pour la transition énergétique et éviter la pénurie. Le second objectif est de faire profiter les consommateurs de coûts de production bas d’énergies renouvelables et aussi du nucléaire.

La France cherche à sécuriser le prix de vente de la future électricité produite par les réacteurs EPR prévus en France. Nous pouvons lire dans Les Echos, que la France souhaite faire « profiter son industrie et les ménages du coût de production relativement faible du nucléaire amorti ».

La consommation de gaz a baissé de 17 % par rapport à 2018

La ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher a annoncé sur France Bleu le 14 décembre que la consommation de ces quatre derniers mois « a baissé de 17 % » par rapport à la même période en 2018.

Cette baisse de 17 % est calculée en corrigeant les données des variations climatiques et hors production d’électricité.

Le Parlement européen facilite l’installation de projets d’énergie renouvelable

Désormais, les procédures de délivrance des permis d’installation d’énergie renouvelable seront plus rapides. C’est ce qu’indique le texte adopté par les eurodéputés mercredi 14 décembre. Les sites Natura 2000 ou encore les réserves naturelles seront exclus du dispositif.

Le délai maximal d’approbation pour de nouvelles installations passe de 12 à 9 mois si elles sont situées dans des « zones d’accélération des énergies renouvelables » à partir de 2023. En dehors de ces zones, le processus ne devrait pas dépasser 18 mois.