Blog

28 mars 2022

Suivi hebdo du 21 au 25 mars 2022 : Poutine veut être payé en roubles et l’Europe est toujours en quête d’indépendance énergétique

Partager sur:

Suivi-hebdo-marche-energie

Électricité

 

Le BL CAL 2023 a ouvert lundi 21 mars au prix de 190,91 €/MWh pour fermer vendredi 25 mars à 194,75 €/MWh, soit une hausse de 2,01 %.

Le CAL 2023 a démarré la semaine avec une baisse de 1,16 % avant de connaître un rebond mardi 22 mars au prix de 190,89 €/MWh. C’est dans cette dynamique que le prix atteint 200,57 € jeudi puis baisse vendredi et termine la semaine à 194,75 €/MWh.

Les prix de l’électricité ont été dans une tendance baissière, sous la pression de l’affaiblissement du prix du Brent et des prévisions d’une météo douce. Néanmoins, la baisse n’a pas duré puisque l’évolution du marché de l’électricité a été dirigée par les évènements géopolitiques et les tendances du marché du gaz. Conséquences ? Une nouvelle vague d’achats de panique qui poussent les prix à la hausse.

La baisse de vendredi est la conséquence de l’annonce des États-Unis et de l’Union Européenne sur la création d’un groupe de travail conjoint pour réduire la dépendance de l’Europe aux combustibles fossiles russes.

Gaz

Le prix TTF CAL 2023 a ouvert lundi 21 mars au prix de 63,76 €/MWh pour fermer vendredi 25 mars à 68,78 €/MWh, soit une hausse de 7,87 %.

Le prix du TTF 2023 a commencé la semaine avec une mini baisse de prix, passant de 63,76 €/MWh à 63,58 €/MWh. Dès mardi, le prix connaît une remontée à 65,20 €/MWh puis à 71,93 €/MWh mercredi. Il a baissé à 70,60 € jeudi puis 68,78 € vendredi.

C’est, sans surprise, l’annonce de Poutine mercredi 23 mars, demandant aux pays « hostiles » de payer les importations de gaz en roubles plutôt qu’en dollars, qui a poussé le prix à 71,93 €/MWh, soit 13,13 % plus haut que le prix du lundi 21 mars. La publication de l’objectif 2022 pour le remplissage des stockages de gaz fixé à 80 % d’ici le 1er novembre de la Commission européenne, additionnée au rebond des flux norvégiens après la correction de la panne, ont réconforté les craintes des acheteurs et ont contribué à une correction à la baisse des prix du gaz.

 

Drivers

Les faits marquants de la semaine

Poutine veut être payé en roubles et l’Europe est toujours en quête d’indépendance énergétique

Alors que l’Espagne renonce à sa demande de plafond du prix de l’Électricité, l’Europe concentre ses efforts sur son indépendance aux énergies fossiles russes. Poutine veut être payé en roubles et les États-Unis se frottent les mains voyant ce désir d’indépendance de l’Europe comme une nouvelle dépendance à leur gaz.

Voici les faits marquants de la semaine dernière, bonne lecture.

Poutine veut être payé en roubles pour son gaz

La Russie a demandé, mercredi dernier, à être payée en roubles pour le gaz vendu à des pays « inamicaux ». Cette nouvelle ne vous a sûrement pas échappé et a eu pour conséquence une flambée des prix du gaz en Europe, craignant que cette mesure n’aggrave la pénurie d’énergie.

Autre conséquence intéressante de cette déclaration : le bref rebond du Rouble, atteignant un sommet durant trois semaines au-delà de 95 contre le dollar.

À travers cette annonce, le président russe lançait un message clair à l’Europe en lui rappelant sa dépendance à son gaz. Cependant, est-ce que la Russie a le pouvoir de modifier des contrats négociés en euros ?

Le ministre allemand de l’économie Robert Habeck a qualifié cette demande de rupture de contrat et d’autres acheteurs de gaz russe ont fait écho à ce point. Les grandes banques sont, elles, réticentes à l’idée de négocier des actifs russes, ce qui complique encore la demande de Poutine.

Le G7 refuse la demande de la Russie

M. Poutine indiquait que les gouvernements et la banque centrale avaient une semaine pour trouver une solution au passage des opérations dans la monnaie russe et que Gazprom recevrait l’ordre d’apporter les modifications correspondantes aux contrats.

Le G7 a refusé la demande de Poutine en précisant qu’il s’agissait « d’une violation unilatérale et claire des contrats existants ». En effet, il semblait peu probable que les pays du G7 acceptent de changer la monnaie d’échange d’un tel contrat. La Russie avait déclaré, peu avant la réponse du G7, qu’elle prendrait des décisions en temps voulu si ses clients européens refusaient d’utiliser le Rouble.

L’Espagne renonce à sa proposition de plafond mais espère que l’Union Européenne trouvera une réponse équilibrée à la flambée des prix de l’énergie

Nous l’apprenions en tout début de semaine dernière par le journal El Pais, le gouvernement espagnol a abandonné un plan visant à plafonner le prix de gros de l’électricité à 180 €/MWh qu’il envisageait de soumettre à ses partenaires de l’Union Européenne (UE).

Nous vous en parlions dans notre dernier suivi de marché, l’Espagne et le Portugal avaient convenu de proposer une limite européenne sur le prix de gros de l’électricité pour faire face à la flambée des prix de l’énergie récemment exacerbée par l’invasion russe de l’Ukraine.

L’Espagne souhaitait une pleine adhésion des membres de l’UE, ce qui ne semble pas être le cas.

Renoncer à ce plan, oui, mais persiste l’espoir de trouver une réponse équilibrée à la flambée des prix de l’énergie que connaissent les pays européens. « Nous espérons pouvoir trouver une réponse équilibrée qui permette à tous les pays de pouvoir réagir en fonction de la gravité de la situation sur l’un ou l’autre des aspects de ce défi », c’est ce qu’a déclaré le premier ministre espagnol Pedro Sanchez, aux côtés du président Macron lors d’un point presse conjoint à l’Élysée.

L’Europe progresse dans son indépendance au gaz russe, grâce aux États-Unis ?

Le ministre allemand de l’Économie, Robert Habeck déclarait que depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine, son pays avait progressé dans la réduction de ses importations de gaz, de pétrole et de charbon russes.

Cette déclaration arrive avec l’appui des chiffres :

  • Pétrole : 35 % à 25 % ;
  • Gaz : 55 % à 40 % ;
  • Charbon : 50 % à 25 %.

Les États-Unis vont fournir du GNL à l’Europe

Personne ne tombe de sa chaise, les États-Unis s’efforceront de fournir, cette année, 15 milliards de mètres cubes de Gaz Naturel Liquéfié (GNL) à l’UE pour l’aider à se sevrer de l’approvisionnement énergétique russe.

L’UE vise à réduire de deux tiers sa dépendance vis-à-vis du gaz russe cette année et à mettre fin à toutes les importations russes de combustibles fossiles d’ici 2027 en raison de l’invasion russe en Ukraine.

Les usines américaines de GNL produisent à pleine capacité et les analystes affirment que la majeure partie du gaz américain supplémentaire envoyé en Europe devrait provenir d’exportations. Il s’agit donc plus d’une réorientation que de nouvelles productions puisqu’il faut deux à trois ans pour créer de nouvelles installations.
Les prix, déjà élevés du gaz en Europe, devraient donc encore augmenter pour avoir ces nouvelles cargaisons.

Même si les 15 milliards de m3 sont réalisables, « ils sont encore loin de remplacer les importations de gaz russe, qui s’élevaient à environ 155 milliards de m3 en 2021 », ont déclaré les analystes d’ING Bank.