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27 décembre 2021

Suivi hebdo du 20 au 24 décembre : Les 400€/MWh ont été atteint

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Gaz

Cette semaine, le TTF 2022 est passé de 93,10 €/MWh à 96,52€/MWh, soit une augmentation de 3,67 %. Cette dernière semaine, sur le CAL 2022, ne fut pas l’une des moins agitées de l’année…

Mercredi 22 décembre 2021, de nouveaux records historiques ont été enregistrés : 1 MWh de gaz (TTF CAL 2022) s’échangeait à plus de 140 €. En cause, le gazoduc Yamal, qui achemine normalement le gaz russe pour chauffer les particuliers et alimenter la production d’électricité en Allemagne, a inversé la direction et a commencé à affluer vers la Pologne.

« Gazprom n’a pas réservé ce trafic car ses clients, surtout les compagnies allemandes et françaises, qui achètent du gaz via cette route (Yamal), n’ont pas fait de demandes d’achat« , a déclaré jeudi Poutine. Le ministère allemand de l’Économie n’a fait aucun commentaire dans l’immédiat. La météo peu venteuse, les températures froides et les arrêts non planifiés de réacteurs nucléaires en France n’ont pas donné de répit au marché.

Le lendemain, certains pays se sont rendu compte que l’inverse de Yamal a coïncidé avec le remplissage par Gazprom du nouveau gazoduc Nord Stream 2 sous la mer Baltique, en vue de commencer à fournir du gaz à l’Europe dans le courant de l’année prochaine.

Ils ont déclaré que les activités étaient liées, mais la Russie a nié à plusieurs reprises tout lien entre les flux de Yamal et l’amorçage de Nord Stream 2, auquel s’opposent l’Ukraine et les États-Unis. La Russie a déclaré que le renversement n’était pas politique.

De plus, plusieurs expéditions de cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL), à destination de l’Europe, ont offert un certain répit au marché gazier : sur la journée du jeudi, le TTF 2022 a chuté d’environ 20 %.

Électricité

Cette semaine, le BL 2022 est passé de 290,93 €/MWh à 330€/MWh, soit une augmentation de 13,43 %.

Mercredi 22 décembre 2021, de nouveaux records historiques ont été enregistrés pour l’électricité : 1 MWh Baseload CAL 2022 s’échangeait à plus de 400 €.

L’approvisionnement du gaz russe demeure toujours incertain, ce qui laisse peu d’espoir à une baisse significative et durable sur le marché de l’électricité. De plus, un réacteur nucléaire a dû être mis à l’arrêt dans la nuit de lundi 20 décembre 2021 au mardi 21 décembre 2021 à la centrale de Cattenom, en Moselle. Un coup dur supplémentaire pour la production d’électricité française, déjà mise à mal avec l’arrêt surprise de quatre réacteurs à Chooz (Ardennes) et Civaux (Vienne) la semaine précédente.

Cependant, la hausse a été limitée par la baisse de la demande mondiale de pétrole, principalement dû aux craintes liées au variant Omicron.

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Les faits marquants de la semaine

La Belgique confirme sa sortie du nucléaire et l’Italie en parle sans tabou

Ce jeudi 23 décembre 2021, la Belgique a confirmé qu’elle fermera ses sept réacteurs nucléaires à l’horizon 2025, mais ne fermera pas la porte à la technologie nucléaire de nouvelle génération. Ce choix n’en était pas vraiment un, car cette décision a trop traînée pour mettre ses centrales aux normes.

Les coûts sont devenus intenables, la prolongation du nucléaire ne s’improvise pas. Aujourd’hui, la Belgique dépend à 40 % du nucléaire. Elle doit encore déterminer comment combler le déficit énergétique. Le lauréat d’un contrat pour la construction d’une centrale au gaz au nord de Bruxelles s’est vu refuser un permis.

La sortie nucléaire prévue commencera par la fermeture d’un réacteur le 1er octobre 2022. Le déclassement, y compris l’élimination de toutes les matières radioactives et la démolition des bâtiments, doit être achevé d’ici 2045.

La sortie progressive du nucléaire est inscrite dans la loi belge depuis 2003.

Sortie du nucléaire en Allemagne, en Belgique et en Espagne, fermeture de centrales à charbon un peu partout en Europe, essor des renouvelables, souvent retardé… « Les stratégies énergétiques annoncées par les différents pays manquent d’une cohérence d’ensemble, ce qui pourrait mettre en péril notre sécurité d’approvisionnement », prévient Sébastien Zimmer, du cabinet de conseil Emerton.

Le ministre de la Transition écologique italien veut que le recours au nucléaire puisse être envisagé sans a priori. « Le monde est plein d’écologistes bobos et extrémistes : ils sont pires que la catastrophe climatique elle-même. » Des propos explosifs de Roberto Cingolani, dans un pays qui a dit deux fois non par référendum au nucléaire. Mais la flambée du prix de l’énergie et les objectifs de décarbonation changent la donne.

Il entend mener sa « révolution verte » avec pragmatisme en refusant toute position idéologique. « Des pays sont en train d’investir sur cette technologie, insiste Roberto Cingolani. Elle n’est pas encore mature, mais elle le sera bientôt. Si à un certain moment, on peut garantir que les déchets radioactifs sont peu nombreux, la sécurité élevée et les coûts bas, ce serait une folie de ne pas l’envisager. »