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16 mai 2022

Suivi hebdo du 9 au 13 mai 2022 : pour la première fois depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, moins de gaz arrive vers l’Europe

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Électricité

Le BL CAL 2023 a ouvert lundi 9 mai 2022 au prix de 302 €/MWh pour fermer vendredi 13 mai à 311,01 €/MWh, soit une hausse de 2,98 %.

Les prix de la semaine dernière ont été influencés par la dépendance au gaz russe et à l’évolution du conflit en Ukraine. La baisse des flux de gaz a également eu un impact haussier sur le marché de l’électricité. Les craintes vis-à-vis de la disponibilité nucléaire pour la saison estivale à la suite des hautes températures n’a pas arrangé la situation.

Pourtant, la baisse a été limitée par la forte production de solaire et d’éolien, ce qui a eu un fort impact sur les marchés à court terme.

Gaz

 

Le prix TTF CAL 2023 a ouvert lundi 9 mai 2022 au prix de 83,04 €/MWh pour fermer vendredi 13 mai à 78,66 €/MWh, soit une baisse de 5,27 %.

Le début de la semaine dernière s’est situé sur une tendance baissière en raison du regain de confiance vis-à-vis des stocks qui se remplissent malgré un contexte tendu. En effet, ces derniers sont remplis à 40 %, ce qui correspond à un niveau conforme à la normale pour cette période de l’année.

Mercredi, la tendance s’est inversée lorsque les flux de gaz provenant de la Russie et transitant par l’Ukraine, ont chuté. La baisse s’est poursuivie en fin de semaine et suscite des inquiétudes, ce qui a pour conséquence de faire grimper les prix. La hausse des prix du charbon a exercé une pression haussière supplémentaire sur les marchés du gaz. Jeudi, la baisse de flux s’est poursuivie et a suscité des inquiétudes, ce qui a fait grimper les prix.

Vendredi, les prix du gaz se sont affaiblis sous la pression de la stabilisation de l’offre russe. Les prix du charbon ont fini par baisser et ont créé une pression baissière supplémentaire sur les marchés du gaz.

Drivers

Les faits marquants de la semaine

Pour la première fois depuis le début de la guerre en Ukraine, moins de gaz russe arrive vers l’Europe

Les actualités de la semaine dernière se concentrent sur :

  • Jean-Bernard Levy, président d’EDF qui revient sur les volumes supplémentaires d’ARENH ;
  • Les fortes températures qui contraignent EDF à réduire à nouveau sa production nucléaire ;
  • Les volumes de gaz russe vers l’Europe qui baissent.

Voici les faits qui ont marqué la semaine du 9 mai, bonne lecture.

Jean-Bernard Levy, président d’EDF, revient sur les volumes supplémentaires d’ARENH

Jeudi dernier, Jean-Bernard Levy, actuel président du groupe EDF, est revenu sur la décision de l’état d’augmenter les volumes d’ARENH. C’est, devant les actionnaires, dans le contexte d’une assemblée générale qu’il a déclaré : « Je viens d’adresser à l’État un recours gracieux pour en demander le retrait, tant le prix que les conditions de ces attributions nous pénalisent considérablement ».

La décision controversée de vendre des volumes supplémentaires à bas prix, dans le cadre du mécanisme d’ARENH, a été prise au cœur de la crise et contre l’avis d’EDF. Cette décision a permis de financer le bouclier tarifaire et contenir en partie la flambée des prix de l’électricité. En cas de refus, des juridictions administratives pourraient être saisies. Levy s’est toujours montré défavorable au mécanisme d’ARENH.

Les fortes températures contraignent EDF à réduire à nouveau sa production nucléaire

Ce n’est pas inhabituel qu’EDF réduise sa production nucléaire au cours d’étés caniculaires pour limiter le réchauffement des cours d’eau. En revanche, que ce type d’opération se déroule au printemps l’est bien plus. Cela s’est produit dans la centrale du Blayais en Nouvelle Aquitaine, dans la nuit de lundi au mardi. EDF a dû réduire de 100 MW la puissance de cette centrale.

Compte tenu des alertes à la sécheresse, il faut s’attendre à une baisse de production nucléaire pour cet été. Cet évènement intervient dans un contexte déjà très tendu avec les problèmes de corrosions notamment. Le taux de disponibilité des centrales d’EDF est proche de 50 %, avec 27 réacteurs arrêtés sur 56.

Les volumes de gaz russe vers l’Europe baissent

Le volume de gaz russe transitant par l’Ukraine vers l’Europe a nettement baissé mercredi 11 mai. C’est la première fois depuis le début de l’invasion russe, fin février, que le transit de gaz est perturbé de la sorte, a indiqué à l’AFP, l’entreprise énergétique Naftogaz.

L’Ukraine indique que la prise de contrôle par les Russes d’infrastructures gazières dans l’est du pays est responsable de cette situation.

Mardi soir, Ogtsou, l’opérateur ukrainien des gazoducs, a averti ne plus pouvoir assurer le transit habituel en raison de la présence de forces russes dans les deux installations par lesquelles passe un tiers du gaz russe destiné à l’Europe. Ogtsou a dénoncé des prélèvements illégaux du gaz destiné au transit et envoyé vers des territoires occupés par la Russie dans l’Est de l’Ukraine. Gazprom a, de son côté, démenti tout cas de « force majeur » et justifiait qu’il était impossible de dérouter les volumes pour des « raisons technologiques ».

Mercredi, l’opérateur ukrainien a affirmé que Gazprom avait fermé le robinet vers une branche ukrainienne du gazoduc après ses déclarations de la veille. Il a demandé que le gaz russe soit orienté vers un autre point de passage, à Soudja, situé dans les territoires contrôlés par Kiev.

En Allemagne, l’agence gouvernementale chargée de l’énergie, a constaté une baisse de 25 % des volumes habituels. « En raison de la réduction du transit, les volumes de gaz acheminés vers l’Allemagne via l’Ukraine (par le gazoduc Megal) ont diminué de 25 % par rapport à mardi », a précisé cette agence sur son site internet, assurant toutefois que « ces volumes sont actuellement compensés par des flux plus importants, notamment en provenance de Norvège et des Pays-Bas ».

Allons nous payer le gaz en roubles ?

Alors que les volumes à destination de l’Europe diminuent, les pays « inamicaux » n’ont plus que quelques jours (d’ici le 20 mai) pour décider de payer le gaz russe en roubles ou refuser de le faire. Le Kremlin a déjà fermé le robinet pour la Pologne et la Bulgarie, va-t-il le faire pour l’Allemagne, la France, l’Italie… ?

Nous ne savons pas encore si Poutine mettra en pratique ses menaces mais il est certain qu’il maintient l’Europe en tension en jouant sur le marché avec ses déclarations.