Le Premier ministre propose au Parlement de débattre des choix énergétiques français… mais sans vote
Mise en consultation finale il y a quelques semaines, la dernière mouture de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) devrait être adoptée par décret courant avril. Sa consultation se termine le 5 avril. Pourtant, ce socle essentiel à la Stratégie française pour l’énergie et le climat (SFEC) risque encore de vaciller.
En effet, François Bayrou a annoncé vouloir ouvrir un débat parlementaire sur cette 3e PPE. Il s’agirait cependant, selon l’entourage du Premier ministre, d’un débat sans vote au Parlement, où le sujet provoque des remous depuis plusieurs semaines.
Un débat hautement inflammable à l’Assemblée
Ainsi, 160 sénateurs ont adressé une lettre ouverte à Matignon mi-mars en réclamant un renoncement à l’adoption de la PPE sous sa forme actuelle. Le RN a également déposé un projet de loi énergie-climat misant sur le nucléaire à la fin du mois dernier et brandit depuis la menace d’une censure. Enfin, ce mardi, des parlementaires de la droite et du centre ont réitéré cet appel à une suspension de la PPE au cours d’une conférence de presse. Face à cette levier de bouclier, le gouvernement souhaite donc maintenir son cap tout en ouvrant un débat potentiellement inflammable.
Les renouvelables dans le viseur ?
Par ailleurs, cette possible mise en pause de la publication de la 3e PPE inquiète le secteur des énergies renouvelables, principale cible des oppositions – qui fustigeait cette semaine une PPE faisant la « part belle aux énergies intermittentes (éoliennes ou photovoltaïques) » et à « l’idéologie des renouvelables ». Cela pourrait mettre à mal les objectifs fixés pour le déploiement des éoliennes (terrestres et en mer) ou des panneaux photovoltaïques, déjà mis en difficulté par les derniers arbitrages.
Sur LinkedIn, le président du syndicat des énergies renouvelables Jules Nyssen appelle donc à une publication de la 3e PPE dès que possible, afin d’offrir de la visibilité pour les investissements dans la transition énergétique. Il souhaite néanmoins qu’un débat parallèle soit ouvert pour une loi énergétique de plus long terme. La PDG d’Engie, Catherine MacGregor, a également défendu la nécessité d’une officialisation rapide de la nouvelle PPE, car cette dernière « fixe des objectifs concrets et chiffrés pour les horizons 2030 et 2035, permettant aux acteurs de l’énergie et aux industriels d’orienter leurs stratégies et de sécuriser leurs engagements sur le long terme ».
Source : Connaissance des énergies

Article rédigé par Côme Tessier
Rédacteur web pour Collectif Énergie, je m’évertue à glisser des touches sportives ou des notes sucrées pour rendre plus accessibles les sujets liés à l’énergie. Sans jamais oublier de traquer les doubles espaces qui perturbent la lecture.
Le Premier ministre propose au Parlement de débattre des choix énergétiques français… mais sans vote
Mise en consultation finale il y a quelques semaines, la dernière mouture de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) devrait être adoptée par décret courant avril. Sa consultation se termine le 5 avril. Pourtant, ce socle essentiel à la Stratégie française pour l’énergie et le climat (SFEC) risque encore de vaciller.
En effet, François Bayrou a annoncé vouloir ouvrir un débat parlementaire sur cette 3e PPE. Il s’agirait cependant, selon l’entourage du Premier ministre, d’un débat sans vote au Parlement, où le sujet provoque des remous depuis plusieurs semaines.
Un débat hautement inflammable à l’Assemblée
Ainsi, 160 sénateurs ont adressé une lettre ouverte à Matignon mi-mars en réclamant un renoncement à l’adoption de la PPE sous sa forme actuelle. Le RN a également déposé un projet de loi énergie-climat misant sur le nucléaire à la fin du mois dernier et brandit depuis la menace d’une censure. Enfin, ce mardi, des parlementaires de la droite et du centre ont réitéré cet appel à une suspension de la PPE au cours d’une conférence de presse. Face à cette levier de bouclier, le gouvernement souhaite donc maintenir son cap tout en ouvrant un débat potentiellement inflammable.
Les renouvelables dans le viseur ?
Par ailleurs, cette possible mise en pause de la publication de la 3e PPE inquiète le secteur des énergies renouvelables, principale cible des oppositions – qui fustigeait cette semaine une PPE faisant la « part belle aux énergies intermittentes (éoliennes ou photovoltaïques) » et à « l’idéologie des renouvelables ». Cela pourrait mettre à mal les objectifs fixés pour le déploiement des éoliennes (terrestres et en mer) ou des panneaux photovoltaïques, déjà mis en difficulté par les derniers arbitrages.
Sur LinkedIn, le président du syndicat des énergies renouvelables Jules Nyssen appelle donc à une publication de la 3e PPE dès que possible, afin d’offrir de la visibilité pour les investissements dans la transition énergétique. Il souhaite néanmoins qu’un débat parallèle soit ouvert pour une loi énergétique de plus long terme. La PDG d’Engie, Catherine MacGregor, a également défendu la nécessité d’une officialisation rapide de la nouvelle PPE, car cette dernière « fixe des objectifs concrets et chiffrés pour les horizons 2030 et 2035, permettant aux acteurs de l’énergie et aux industriels d’orienter leurs stratégies et de sécuriser leurs engagements sur le long terme ».
Source : Connaissance des énergies

Article rédigé par Côme Tessier
Rédacteur web pour Collectif Énergie, je m’évertue à glisser des touches sportives ou des notes sucrées pour rendre plus accessibles les sujets liés à l’énergie. Sans jamais oublier de traquer les doubles espaces qui perturbent la lecture.